Funambule, tu marches sur le fil de ta vie, celui qui relie ta naissance à ta mort, tu essaies de rester dessus longtemps, de ne surtout pas tomber trop tôt... Tu te concentres le plus possible, regardes fixement cette ligne droite dont tu ne connais pas la longueur, tu ne sais pas combien de temps tu auras le droit d'être en suspension là-haut au-dessus de nos têtes... Oui tu ne la quittes pas des yeux une seule seconde, c'est ton passé, ton présent, ton futur, tout y est clair il n'y a aucune alternative, et tu ne veux pas déraper... Tu crains de glisser et te retrouver au sol, parmi nous ; non à cause de la douleur de la chute, mais seulement parce qu'en bas tu te sentiras perdu, tu ne sauras plus quelle ligne suivre, elles s'entremêlent toutes de manière totalement aléatoire, nos lignes à nous, elles zigzaguent... Alors si c'est là ta plus grande peur, continue à ne pas prendre de risques, suit inlassablement ta ligne, faufile-toi à l'intérieur de ton être et recueille tes larmes, car ne dit-on pas que le plus court chemin est toujours la ligne droite ?...samedi 12 janvier 2008
no(s) future(s)
Funambule, tu marches sur le fil de ta vie, celui qui relie ta naissance à ta mort, tu essaies de rester dessus longtemps, de ne surtout pas tomber trop tôt... Tu te concentres le plus possible, regardes fixement cette ligne droite dont tu ne connais pas la longueur, tu ne sais pas combien de temps tu auras le droit d'être en suspension là-haut au-dessus de nos têtes... Oui tu ne la quittes pas des yeux une seule seconde, c'est ton passé, ton présent, ton futur, tout y est clair il n'y a aucune alternative, et tu ne veux pas déraper... Tu crains de glisser et te retrouver au sol, parmi nous ; non à cause de la douleur de la chute, mais seulement parce qu'en bas tu te sentiras perdu, tu ne sauras plus quelle ligne suivre, elles s'entremêlent toutes de manière totalement aléatoire, nos lignes à nous, elles zigzaguent... Alors si c'est là ta plus grande peur, continue à ne pas prendre de risques, suit inlassablement ta ligne, faufile-toi à l'intérieur de ton être et recueille tes larmes, car ne dit-on pas que le plus court chemin est toujours la ligne droite ?...jeudi 10 janvier 2008
vole petite Elia, je souffle dans tes ailes
Enfermée en lévitation dans une grosse bulle de savon qui brille de mille étoiles multicolores, le regard posé vers le bas tandis qu'elle s'élève, émerveillée... Jolie petite Elia, intouchable, protégée des épines menaçantes du monde qu'elle vient de laisser sous ses petits pieds, envoyant au vent des sourires discrets...Elle lui semble belle la Terre, vue de tout là-haut... Innocente petite Elia, à ses yeux la misère disparaît, les douleurs ne semblent pas si violentes ; et ces petits pantins qui hurlent à la vie, à genoux dans la boue jusqu'au nombril, elle les voit à peine...
D'où elle se trouve, elle ne se souvient même plus de son petit corps en pleurs, recroquevillé sous le toit rouge de cette cabane sordide... Sombre petite Elia au coeur cassé en mille morceaux, répandu au sol parmi les bouteilles vides, les photos brûlées et les lettres déchirées... On lui avait pourtant dit quand elle était petite, l'amour est le seul rêve qui ne peut se rêver...
Maintenant tu peux oublier, maintenant je t'ai fabriqué cette bulle qui jamais ne s'écrasera... Angélique petite Elia, continue à envoyer tes sourires en espérant qu'un jour il y en ait un qui s'égare et parvienne à réchauffer un coeur blessé avant qu'il ne se brise...
mardi 8 janvier 2008
vertigineuse
Alice a le don de la métamorphose,Elle peut se transformer, et rien ne s'y oppose,
Alice a le don.
Alice a le doigt qui se perd sur le globe
Elle suit le tracé des rivières, et traverse la Terre,
Alice a le doigt.
Alice se frotte à l'immersion
Et au diadème solaire, enfin à d'autres visions.
Alice se frotte... Allez Alice se frotte.
Assise au milieu des ondes, Alice est féconde,
A dada sur son monde, elle envoie ses flèches.
A la fin oui tout s'explique, rêve et mécanique,
Le ciel électrique des télévisions.
Alice se regarde alanguie sur son plume,
Elle a tant flotté dans l'ether qu'elle arrive à la lune
Alice veut le meilleur.
Alice fait sa nuit dans les villes enchantées
Et elle se réveille au matin sur des terres brulées,
Alice fait sa nuit.
Quand sur ses ailes d'acier, dans des lits d'initiés,
Elle sent le point du jour, elle a fait le tour.
Alice se sort de la faille, et revient à sa taille,
Alors le monde entier redevient normal,
Alice est comme ça.
[Noir Désir - Alice]
samedi 5 janvier 2008
tremblements
Baise-les longuement, car il t'auront donné
Tout ce qui peut tenir d'amour passionné
Dans le dernier regard de leur ferveur dernière.
Sous l'immobile éclat du funèbre flambeau,
Penche vers leur adieu ton triste et beau visage
Pour que s'imprime et dure en eux la seule image
Qu'ils garderont dans le tombeau.
Et que je sente, avant que le cercueil ne se cloue,
Sue le lit pur et blanc se rejoindre nos mains,
Et que près de mon front, sur les pâles coussins,
Une suprême fois se repose sur ta joue.
Et qu'après je m'en aille au loin avec mon coeur
Qui te conservera une flamme si forte
Que même à travers la terre compacte et morte
Les autres morts en sentiront l'ardeur.
[Emile Verhaeren - Lorsque tu fermeras mes yeux...]
adieux
tu t'es échappé trop loin, la vie ne te tentait pas, alors tu as trouvé la solution, la réponse parfaite, partir tout en faisant semblant de rester, liquéfier des petits cailloux de rêve pour les intégrer dans tes veines... mais c'est bien trop facile, c'est pas comme ça que ça marche, la vie... en vrai elle s'en fout de ta belle gueule la vie, elle les voit même pas tes beaux yeux, faut te battre, faut souffrir, faut tomber pour avoir le droit de te relever... et c'est pas du bonheur artificiel qui te donne un sourire sincère, c'est justement la vie, celle que tu as délaissée, sur laquelle tu as tant craché, c'est elle seule qui peut te faire sourire, il suffit d'en avoir envie... mais nan toi t'as tourné le dos à tout, tu es enfermé dans ton monde blanc, un rêve attrayant qui s'est rapidement transformé en survivance macabre, tu voulais être libre alors tu as lâché ma main de peur que je m'enterre avec toi dans le trou que tu t'étais creusé, et tu es parti... je suis tombée de bien moins haut, je mets timidement un pied devant l'autre, tout doucement, mais je me suis relevée, j'ai décidé d'avancer... et je sais que tu ne reviendras jamais...mais quand ?
Ca sera par un soir horrible
Clair, chaud, parfumé, sensuel
Je mourrai d'un pourissement
De certaines cellules peu connues
Je mourrai d'une jambe arrachée
Par un rat géant jailli d'un trou géant
Je mourrai de cent coupures
Le ciel sera tombé sur moi
Ca se brise comme une vitre lourde
Je mourrai d'un éclat de voix
Crevant mes oreilles
Je mourrai de blessures sourdes
Infligées à deux heures du matin
Par des tueurs indécis et chauves
Je mourrai sans m'apercevoir
Que je meurs, je mourrai
Enseveli sous les ruines sèches
De mille mètres de coton écroulé
Je mourrai noyé dans l'huile de vidange
Foulé aux pieds par des bêtes indifférentes
Et, juste après, par des bêtes différentes
Je mourrai nu, ou vêtu de toile rouge
Ou cousu dans un sac avec des lames de rasoir
Je mourrai peut-être sans m'en faire
Du vernis à ongles aux doigts de pied
Et des larmes plein les mains
Et des larmes plein les mains
Je mourrai quand on décollera
Mes paupières sous un soleil enragé
Quand on me dira lentement
Des méchancetés à l'oreille
Je mourrai de voir torturer des enfants
Et des hommes étonnés et blêmes
Je mourrai rongé vivant par des vers
Je mourrai les mains attachéessous une cascade
Je mourrai dans un incendie triste
Je mourrai un peu, beaucoup,
Sans passion, mais avec intêret
Et puis quand tout sera fini
Je mourrai.
[Boris Vian - Je mourrai d'un cancer de la colonne vertébrale]
jeudi 3 janvier 2008
oublier qu'on ne peut oublier
toi t'es tout loin au bout d'une longue bande d'asphalte, et entre nous, qu'est-ce qu'il y a encore qui risque de s'écrouler, d'exploser, de brûler, de fondre, ou d'être détruit de n'importe quelle manière ?
sors moi du labyrinthe de mes obscures pensées, laisse-moi effleurer tes ailes du bout de mes doigts tremblants, ne m'abandonnes pas face à l'étendue glaciale que j'ai moi-même façonnée par mes confusions et mes erreurs... je ne comprendrai jamais rien de l'étrange histoire de ma vie tant qu'il y aura cette violente lumière blanche qui m'aveuglera...
dimanche 30 décembre 2007
matinées confuses
Pourquoi viens-tu chaque nuit envahir mes rêves, toi que je connais à peine ? Pourquoi m'entraînes-tu toujours dans de sombres lieux - cette cabane à moitié abandonnée où apparaîssent des créatures cruelles aux intentions sanglantes, et encore ce marais d'eau presque claire, mais parsemé de pièges sadiques - endroits où pourtant, je me sens à mon aise ? Comment parviens-tu à chasser mes peurs et mes démons dans ces situations, toutes pires les unes que les autres, et cela juste par un sourire ? Et ton regard si rassurant, pourquoi sème-t-il un tel trouble en moi ?vendredi 28 décembre 2007
j'aime...
Pardon pour cette filleQue l'on a fait pleurer
Pardon pour ce regard
Que l'on quitte en riant
Pardon pour ce visage
Qu'une larme a changé
Pardon pour ces maisons
Où quelqu'un nous attend
Et puis pour tous ces mots
Que l'on dit mots d'amour
Et que nous employons
En guise de monnaie
Pour tous les serments
Qui meurent au petit jour
Pardon pour les jamais
Pardon pour les toujours
Pardon pour les hameaux
Qui ne chantent jamais
Pardon pour les villages
Que l'on a oubliés
Et pardon pour les cités
Où nul ne se connaît
Pardon pour les pays
Faits de sous-officiers
Pardon d'être de ceux
Qui se foutent de tout
Et de ne pas avoir
Chaque jour essayé
Et puis pardon encore
Et puis pardon surtout
De ne jamais savoir
Qui doit nous pardonner
[Jacques Brel - Pardons]
douleur
Mais un jour il sa lassa de sa vie, qu'il jugeait bien trop paisible comparée à celle qu'il menait sur terre. Et c'est ainsi qu'il alla chercher une peuplade jaune terrifiée sur une autre petite planète pour y exercer un pouvoir absolu ; il devint donc ce tout petit dictateur... Un des nouveaux habitants de la toute petite planète se distinguait par sa couleur rouge, c'était le plus petit mais le plus intelligent. Un soir, rejoint par l'insomnie, il sentit une rage féroce le submerger, il n'en pouvait plus de ce tout petit dictateur qui réglait leurs vies à tous, qui profitait de leurs efforts et ne se souciait jamais de leur bien-être, sa colère était telle qu'il en voulut à ses semblables de se laisser faire sans protester, il avait envie de tout détruire autour de lui, il en vint même à blâmer ce qui fait office de soleil pour cette planète : la lune.
Oui, elle là, tout loin dans le ciel, elle qui n'a rien d'autre à faire que se montrer quelques heures d'un côté, quelques heures de l'autre côté, pour dire aux gens de se coucher, elle qui finalement ne fait que tourner en rond, pour la satisfaction générale, alors que nous si on tourne en rond, on se retrouve mis à l'écart, raillé, montré du doigt, expulsé de la course, comment elle a fait pour trouver un travail comme ça ? Et si un jour elle dévie ou commet je ne sais quelle erreur, si un jour elle en a assez et décide de partir, tout le monde la regrettera, mais qui pourra le lui reprocher ? Elle n'a que faire des critiques ou des menaces...
gelation
Un ange passe.
Un ange passe.
Et puis son doigt décrit dans l'air des étoiles ou bien des éclairs elle ignore si superbement les sentiments les aléas de l'amour elle s'avance vers la fenêtre lascive et elle couvre le ciel de mille signes étranges et inconnus de tous.
Un ange passe.
Un ange passe.
Désolé Lola je n'ai pas su déchiffrer le sens secret de tes gestes lents aérés simulacres ou magie futile à moins que le vide et l'ennui ne s'emparent de toi Lolita et si cette bulle pleine de rien voulait se crever enfin.
Un ange passe.
Un ange passe.
[Noir Désir - Lolita nie en bloc]
Un ange passe.
Un ange passe.
Désolé Lola je n'ai pas su déchiffrer le sens secret de tes gestes lents aérés simulacres ou magie futile à moins que le vide et l'ennui ne s'emparent de toi Lolita et si cette bulle pleine de rien voulait se crever enfin.
Un ange passe.
Un ange passe.
[Noir Désir - Lolita nie en bloc]
prendre le temps
comme en suspension au-dessus d'une réalité effacée.
arrêter l'évasion des secondes,
prendre le temps de se retrouver là ;
être soi, à un instant précis, dans un lieu quelconque.
quitter sa parure noire de deuil,
décorée de soucis et de rancoeur.
s'oublier un moment,
et embrasser le monde entier...
la mort est grande par la vie qu'elle fait surgir
[Boris Vian - L'écume des jours]
chaque geste peut déplacer une étoile
[Didier VanCauwelaert - L'éducation d'une fée]
mardi 25 décembre 2007
j'aime pas...
samedi 8 décembre 2007
tombées du ciel
gouttes d'eau
mercredi 5 décembre 2007
souriez, sourds d'hier
et s'il t'arrives un jour d'écrire par tes larmes, les douleurs et les peines qui hantent ton âme, je viendrais à mon tour prendre ta main, et t'amenerai écraser joyeusement les maux de toutes les langues de la terre...
besoin de tout, envie de rien...
besoin de protection, de réconfort, besoin d'attention, de sourire, de chaleur, besoin de parler, de hurler à en faire s'endormir ma voix, besoin de frapper, de faire sortir la violence accumulée pour ne pas la retourner contre moi, besoin de pleurer dans des bras rassurants, besoin de ressentir ma propre existence ;
mais envie de silence pour entendre les battements de mon coeur, envie de solitude, de fermer les yeux,envie de disparaître de la mémoire de tous ceux sur le chemin desquels le hasard de la vie m'a placée...
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