mercredi 25 mars 2009

poison sur le coeur

I stumbled out of bed, I got ready for the struggle, I smoked a cigarette
and I tightened up my gut.
I said this can't be me,must be my double. And I can't forget, I can't forget, I can't forget but I don't remember what.
I'm burning up the road,
I'm heading down to Phoenix, I got this old address of someone that I knew. It was high and fine and free, ah, you should have seen us ! And I can't forget, I can't forget, I can't forget but I don't remember who.
I'll be there today, with a big bouquet of cactus. I got this rig that runs on memories, and I promise, cross my heart, they'll never catch us. But if they do, just tell them it was me.
Yeah I loved you all my life and that's how I want to end it. The summer's almost gone, the winter's tuning up. Yeah, the summer's gone, but a lot goes on forever. And I can't forget, I can't forget I can't forget but I don't remember what.

[Leonard Cohen - I can't forget]

vendredi 6 mars 2009

les ailes du désir

Monsieur le Président, je vous fais une lettre,
que vous lirez peut-être si vous avez le temps.
Je viens de recevoir mes papiers militaires,
pour aller à la guerre avant mercredi soir.
Monsieur le Président, je ne veux pas la faire,
je ne suis pas sur Terre pour tuer des pauvres gens.
C'est pas pour vous fâcher, il faut que je vous dise,
ma décision est prise, je m'en vais déserter.
Depuis que je suis né, j'ai vu mourir mon père,
j'ai vu partir mes frères et pleurer mes enfants.
Ma mère a tant souffert, elle est dedans sa tombe,
et se moque des bombes, et se moque des vers.
Quand j'étais prisonnier, on m'a volé ma femme,
on m'a volé mon âme et tout mon cher passé.
Demain de bon matin, je fermerai ma porte
au nez des années mortes, j'irai sur les chemins.
Je mendierai ma vie sur les routes de France,
de Bretagne, de Provence, et je dirai aux gens :
"Refusez d'obéir, refusez de la faire,
n'allez pas à la guerre, refusez de partir".
S'il faut donner son sang, allez donner le vôtre,
vous êtes bon apôtre, Monsieur le Président.
Si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes
que je n'aurai pas d'arme, et qu'ils pourront tirer.

[Boris Vian - Le déserteur]

jeudi 5 mars 2009

contre-addiction

Je viens et disparaît d'un battement de cils, je conquiers et rejette dès la minute qui suit. Je ne suis que l'ombre de mes désirs, le reflet de mes envies lunatiques dans une eau troublée de doute et d'incertitude. La vie me renvoie bien mon inconstance, creuse la déchirure sous mes pieds et m'entraîne dans un entonnoir en peau d'angoisse. Je nage de déception en amertume, volète dans les recoins d'une cage aux barreaux brûlants. Si c'est comme ça grandir, j'aurais de loin préféré rester un fruit pas mûr, et baigner toujours dans mon inconscience de petite fille.

mardi 10 février 2009

trois petits tours et puis s'en va

If I were a swan, I'd be gone.
If I were a train, I'd be late.
And if I were a good man, I'd talk with you more often than I do.
If I were to sleep, I could dream.
If I were afraid, I could hide.
If I go insane, please don't put your wires in my brain.
If I were the moon, I'd be cool.
If I were a book, I would bend.
If I were a good man, I'd understand the spaces between friends.
If I were alone, I would cry.
And if I were with you, I'd be home and dry.
And if I go insane, will you still let me join in with the game?
If I were a swan, I'd be gone.
If I were a train, I'd be late again.
If I were a good man, I'd talk to you more often than I do.

[Pink Floyd - If]

he died alive

Si la tierra tiembla, se hunde en el mar
Si la tierra tiembla, nadie se va salvar
Si la tierra tiembla...
Bombala, bombala, bombala, bombala.
Si la tierra tiembla, serà culpa ti !
Si la tierra tiembla, nadie se va salvar
Si la tierra tiembla, se hunde en el mar
Nadie se va salvar, si la tierra tiembla...
Machine gun
... Machine gun
Bomba atomika
Bomba politika
Bomba economia
Serà culpa ti
, nadie se va salvar

[Mano Negra - Machine gun]

mercredi 7 janvier 2009

re-flexions inter-minables

Marre des gens qui se laissent endormir par les belles paroles politiques et télévisuelles omniprésentes, par les phrases interminables qui ne veulent pas dire "oui" sans cependant dire "non" et qu'on jette à la figure de celui qui a eu le malheur de mettre publiquement le doigt sur une faille du système. Marre des jolis mots utilisés comme des leurres de spiritualité métaphorique, propulsés dans un domaine qui ne les concerne pas, et par ce fait, dont tout le sens originel a été aspiré. Marre de l'individualisme, de la méfiance, de la peur qui amène plus de surveillance, qui amène à son tour plus de peur... Marre du "pret-a-penser", des informations qui sortent du meme moule et sont controlées mille fois, comme une pomme que l'on aurait épluchée pour un enfant, mais qu'encore ensuite on aurait prémachée, et injectée directement dans son estomac. Marre de croiser des clones dans les rues de ma ville, des copies conformes de copies conformes, des pantins de chiffon plus maléables les uns que les autres, qui s'entassent dans des fast-food et complexes de loisirs, où ils se complaisent finalement à ingurgiter la saloperie qu'on leur prépare. Marre de constater que ma ville est très loin d'etre une exception en matière de conformisme et de technologies aliénantes. Marre de voir l'espace des libertés fondamentales fondre, se resserrer peu à peu, étouffant bientot l'Homme de ses propres extravagances.

mercredi 17 décembre 2008

the memories of yesterday’s clouds

Au lendemain de ce jour sinistre, je ne peux imaginer la couleur d'une quelconque porte de sortie. Même avec toute la bonne volonté que je puisse mettre en oeuvre pour laver mon esprit des ténèbres qui l'enserrent, je ne saurai y croire encore. Je n'attends qu'une morsure de plus, et d'autres ensuite, jusqu'à ce que me parvienne la dernière, le coup de grâce, la déchirure âpre qui ira m'enterrer au plus profond des entrailles de la Terre. Et je demeurerai là, cherchant perpétuellement quelque chose que je ne connaitrai jamais ni de nom ni d'aspect.

attends la neige

Le vois-tu venir, mon amour, ce dimanche avec sa gueule moche, ce cancrelat qui tourne autour, de ce jour triste comme un son d'cloche.
Oh temps suspends mes heures de vol et couvre mon coeur de patine. Quand la déprime me racole, que ses maux de passe me chagrinent.
Entends-tu la marche funèbre de cette semaine qui crève, à cette détresse une trêve : poser ma bouche sur tes lèvres.
Caresse moi, caresse moi, j'ai le ventre gonflé de larmes, ce soir la vie me rétame, caresse moi, caresse moi.
Ne laisse pas ce jour vieillir, sans poser avant qu'il n'expire, tes mains sur moi, caresse moi.
C'est un dimanche comme tant d'autres, qui déjà me vide le coeur, une petite bête noire se vautre impunément sur mes humeurs.
J'ai la déprime à fleur de peau et l'automne dans les entrailles, pas une bière placebo ne peut soigner ce qui m'entaille, et toujours la marche funèbre de cette semaine qui crève, à cette détresse une trêve : poser ma bouche sur tes lèvres
Caresse moi, caresse moi, j'ai le ventre gonflé de larmes, ce soir la vie me rétame, caresse moi, caresse moi. Ne laisse pas ce jour vieillir, sans poser avant qu'il n'expire, tes mains sur moi, caresse moi.

[Yves Jamait - Dimanche (Caresse-moi)]

mardi 2 septembre 2008

souffle coupé

Choose Life. Choose a job. Choose a career. Choose a family. Choose a fucking big television, choose washing machines, cars, compact disc players and electrical tin openers. Choose good health, low cholesterol, and dental insurance. Choose fixed interest mortgage repayments. Choose a starter home. Choose your friends. Choose leisurewear and matching luggage. Choose a three-piece suite on hire purchase in a range of fucking fabrics. Choose DIY and wondering who the fuck you are on Sunday morning. Choose sitting on that couch watching mind-numbing, spirit-crushing game shows, stuffing fucking junk food into your mouth. Choose rotting away at the end of it all, pissing your last in a miserable home, nothing more than an embarrassment to the selfish, fucked up brats you spawned to replace yourselves. Choose your future. Choose life... But why would I want to do a thing like that? I chose not to choose life. I chose somethin' else. And the reasons? There are no reasons. Who needs reasons when you've got heroin?

[Irvine Welsh - Trainspotting]

oeuf de fleur à clochette

Du bonheur à l'état pur, brut, natif, volcanique, quel pied ! C'était mieux que tout, mieux que la drogue, mieux que l'héro, mieux que la dope, coke, crack, fix, joint, shit, shoot, snif, pét', ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, péyotl, buvard, acide, LSD, extasy. Mieux que le sexe, mieux que la fellation, soixante-neuf, partouze, masturbation, tantrisme, kama-sutra, brouette thaïlandaise. Mieux que le Nutella au beurre de cacahuète et le milk-shake banane. Mieux que toutes les trilogies de George Lucas, l'intégrale des muppets-show, la fin de 2001. Mieux que le déhanché d'Emma Peel, Marilyn, la schtroumpfette, Lara Croft, Naomi Campbell et le grain de beauté de Cindy Crawford. Mieux que la face B d'Abbey Road, les CD d'Hendrix, le nouveau p'tit pas de Neil Armstrong sur la lune. Le space-mountain, la ronde du Père-Noël, la fortune de Bill Gates, les transes du dalaï-lama, les NDE, la résurrection de Lazare, toutes les piquouzes de testostérone de Schwarzy, le collagène dans les lèvres de Pamela Anderson. Mieux que Woodstock et les rave-party les plus orgasmiques. Mieux que la défonce de Sade, Rimbaud, Morisson et Castaneda. Mieux que la liberté... Mieux que la vie...

[Yann Samuell - Jeux d'enfants]

take it easy

Angel came down from heaven yesterday
She stayed with me just long enough to rescue me
And she told me a story yesterday
About the sweet love between the moon and the deep blue sea
Then she spread her wings over me
She said she's gonna come back tomorrow
And I said "Fly on, my sweet Angel
Fly on to the sky
Fly on, my sweet Angel
Tomorrow I'm gonna be by your side

Sure enough, this woman came home to me
Silver wings silhouetted against a child's sunrise
And my Angel, she said into me
"Today is the day for you to rise
Take my hand, you're gonna be my man
You're gonna rise"
Then she took me high over younder
And I said "Fly on, my sweet Angel
Fly on to the sky
Fly on, my sweet Angel
Tomorrow I'm gonna be by your side

[Jimi Hendrix - Angel]

nouveau départ

Birds flying high, you know how I feel
Sun in the sky, you know how I feel
Breeze drifting on by you know how I feel
It's a new dawn, it's a new day
It's a new life for me
Yeah, it's a new dawn, it's a new day
It's a new life for me

[Wax Tailor - How I feel]

vendredi 22 août 2008

let everybody dream higher

One pill makes you larger
And one pill makes you small,
And the ones that mother gives you
Don't do anything at all
Go ask Alice
When she's ten feet tall.
And if you go chasing rabbits,
And you know you're going to fall,
Tell 'em a hookah-smoking caterpillar
Has given you the call
Call Alice
When she was just small.
When men on a chessboard
Get up and tell you where to go,
And you've just had some kind of mushroom
And your mind is moving low,
Go ask Alice;
I think she'll know,
When logic, and proportion
Have fallen sloppy dead,
And the White Knight is talking backwards
And the Red Queen's "off with her head"
Remember what the dormouse said:
"Feed your head. Feed your head."

[Jefferson Airplane - White Rabbit]

dimanche 3 août 2008

instantanée de velours

La première nuit, tu as su que c'était elle, qu'elle était unique et plus belle que toutes les autres... Tu as su au premier contact de sa main sur ta joue que tant que tu serais dans ses bras, rien ne pourrait jamais plus t'atteindre et te blesser...
La dernière nuit, tu ne pouvais pas savoir que c'était la dernière... Tu ne pouvais pas t'imaginer que quelques heures plus tard, ce serait la dernière fois que tu te réveillais à ses côtés... Et que chaque matin qui allait suivre, tu allais sentir ce pincement au cœur en constatant son absence...

rayon d'acajou

Tu n'as rien appris, sinon que la solitude n'apprend rien, que l'indifférence n'apprend rien : c'était un leurre, une illusion fascinante et piégée. Tu étais seul et voilà tout et tu voulais te protéger; qu'entre le monde et toi les ponts soient à jamais coupés. Mais tu es si peu de chose et le monde est un si grand mot : tu n'as jamais fait qu'errer dans une grande ville, que longer sur quelques kilomètres de façades, des parcs et des quais.

[Georges Pérec - La solitude]

dimanche 27 juillet 2008

addiction téléscopique

Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues
Je t'aime pour tous les temps où je n'ai pas vécu
Pour l'odeur du grand large et l'odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l'homme n'effraie pas
Je t'aime pour aimer
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'aime pas
Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu'une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd'hui
Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille
Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie
Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne
Pour la santé
Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion
Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n'es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.

[Paul Eluard - Je t'aime]

à l'aube de tes lèvres

Je sais où la trouver, elle sait où me voir, toujours employés à réduire les écarts, quand on l'approche enfin, aussi près qu'on aille, on ne possède rien.
Elle va où elle veut.
Du feu du bruit pour mériter le silence, au bout du compte, ça ressemble à de la chance, et comme on dit parfois, si tu tiens à toi ne fais jamais comme eux.
Elle va où elle veut.
Si tout file entre nos doigts, les jeux qui nous tiennent resteront toujours là, y'a rien à dire de plus, depuis toujours c'est une chose entendue.
Elle va où elle veut.

[Noir Désir - Elle va où elle veut]

dimanche 20 juillet 2008

spatial

accroissement d’un brouillard d’hélices imprévues
arc voltaïque impassible visse
les corridors échine des maisons
et la fumée
gradation du vent qui déchire le linge
dans un tiroir la tabatière écorces d’oranges et des ficelles
o soupape de mon âme vidée
la fiole liée au cou
les trains se taisent tout d’un coup

[Tristan Tzara - Sage danse deux]

en avance

Trois pas en arrière, jambes frissonnantes, imperceptible oscillation
Deux alternatives, abandon de soi, plongeon dans l'absence
Une vague d'acide, turpitude atomique, léthargie infinie
Zéro espoir, anéantissement de l'âme, agonie

ma fée verte

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
Et de vagues rochers que les marées dépassent
Et qui ont à jamais le cœur à marée basse
Avec infiniment de brumes à venir
Avec le vent de l'est écoutez-le tenir
Le plat pays qui est le mien
Avec des cathédrales pour uniques montagnes
Et de noirs clochers comme mâts de cocagne
Où des diables en pierre décrochent les nuages
Avec le fil des jours pour unique voyage
Et des chemins de pluie pour unique bonsoir
Avec le vent d'ouest écoutez-le vouloir
Le plat pays qui est le mien
Avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu
Avec un ciel si bas qu'il fait l'humilité
Avec un ciel si gris qu'un canal s'est pendu
Avec un ciel si gris qu'il faut lui pardonner
Avec le vent du nord qui vient s'écarteler
Avec le vent du nord écoutez-le craquer
Le plat pays qui est le mien
Avec de l'Italie qui descendrait l'Escaut
Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot
Quand les fils de novembre nous reviennent en mai
Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet
Quand le vent est au rire, quand le vent est au blé
Quand le vent est au sud, écoutez-le chanter
Le plat pays qui est le mien.

[Jacques Brel - Le plat pays]